Soyons tous des lanceurs d’alerte

Analysant notre société et la place de notre ville, aujourd’hui, je ne puis plus me taire face à l’injustice permanente que subissent certains de nos concitoyens. La souffrance est bien sûr matérielle, mais de plus, elle est morale, emprunte de lassitude et de souffrance psychologique. Ceci conduit au développement exponentiel des troubles que l’on connait dans les quartiers, à la violence, à l’individualisme primaire, au développement des égos, à l’absence de solidarité, à la solitude, au suicide, cela tous âges confondus. En 35 ans c’est toujours les mêmes recettes qui ne font que conforter le déclin. Les français doivent subir, payer, toujours et toujours, sur l’hôtel de la globalisation de la classe du capitalisme pour la reproduction constante des profits. Ce mal français n’est pas nouveau. Alain Peyrefitte se demande dans l’introduction de son livre, « pourquoi ce peuple vif, généreux, doué, fournit-il si souvent le spectacle de ses divisions et de son impuissance ? ». (Le Mal français, Alain Peyrefitte, 1976)

Logique de l’honneur et modèle français

Eh bien, on peut affirmer que ce spectacle vient de l’abandon de cette logique qui a fait la France. En effet, à la lecture de l’ouvrage de Roger Dion cette logique de l’honneur viendrait du savoir faire, non commun, de cultiver la vigne en France depuis l’Antiquité. (Dion, 1959, la civilisation de la vigne p. 78-79)

Cette œuvre au travail, modèle pour d’autres industries, circule à travers l’ancien régime et la Révolution Française. Comme l’a défini Philippe d’Iribarne : « L’opposition noble/commun est restée au cours de l’histoire extrêmement significative au sein de la culture française, alors même que la définition de ce qui est noble et de ce qui est commun a profondément varié. Et dire que l’honneur a un rôle persistant au sein de cette culture, c’est dire que la pertinence de cette opposition y est persistante (…) dans la conception des droits et des devoirs. » ( Iribarne Philippe d’, 1989, La logique de l’honneur, Edition du Seuil, Paris, Page IV)

Pour moi cette liberté à la française est dans cette logique de l’honneur. Se retrouve là le symbolisme de notre mode de vie. Dépassant les clivages, elle est l’apanage de chaque citoyen. Le sens de cette liberté se trouve aussi dans cette gloire au travail exécuté par un peuple de travailleurs qui a toujours su où se trouvaient l’honneur et le respect de la patrie.

Universelle cette liberté : n’a-t-on pas vu dans les révolutions historiques des peuples du monde s’approprier et dresser fièrement le drapeau de notre nation pour son symbolisme de liberté?

La France dévalorisée

L’histoire de notre Nation n’est pourtant pas faite de moisissure comme certains le disent en 1999, (Phillipe Solers) et en 2013 (Aurélie Fillippeti, Ministre de la Culture). Cette France moisie que l’on attribue à l’extrême droite d’où surgit-elle ? Eh bien, je pense qu’il s’agit d’une stratégie politique voulue de la part d’égos du complexe de pouvoir.

Au parti socialiste : « On a tout intérêt à pousser le front national, disait un jour, Pierre Berégovoy. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattable. C’est la chance historique des socialistes » (Entretien avec Franz-olivier Giesbert, 1984, Le Président, édition du seuil, 1990, p.15)

A l’UMP : On l’a vu pendant les élections présidentielles, la droite aussi surfe sur les thèses maurassiennes de l’extrême droite pour rester au pouvoir.

Cette lassitude et cette souffrance du peuple, nos dirigeants politiques et économiques ne cherchent à calfeutrer ce mal que par des mesures palliatives. Ainsi dans les domaines du travail par des emplois non productif payé par l’impôt, dans le social par des mesures qui ne coûtent pas trop chères, mais dont ont parle beaucoup. Avec tout cela, les restaurants du cœur créés en 1985 par Coluche qui ne devaient durer qu’un temps n’ont pas disparu.

La sociale démocratie, le réformisme et encore moins le libéralisme ne peuvent apporter seuls les réponses nécessaires à la gestion politique de la société ou d’une commune. Le capitalisme est un système idéologique, économique et politique qui veut faire de la planète une seule entité économique où les peuples ne sont plus que des objets. Nos dirigeants auraient-ils oublié  qu’il s’agit d’un système politique ?

Espoir de sortie de crise pour le Havre

Seule une intervention du pouvoir de l’État sur l’économique, peut nous prémunir de la gourmandise spéculative. Que n’a-t-on critiqué le capitalisme monopoliste d’Etat dans les années 1960-70, lequel à fait la richesse et le savoir-faire de la France. Se sont enrichis nombre d’oligarques ? Un mal pour un bien s’il est contrôlé !

Sans contrôle, le capitalisme a toujours fait, et fait œuvre permanente de destruction créatrice afin de reproduire ses profits partout dans le monde. Tout les moyens sont bons (guerres économiques, endettement généralisé des peuples et des Etats, guerres de moyennes intensités pour le pétrole et le gaz comme en Irak, en Lybie, en Syrie…)  Et en effet, par une étonnante et incroyable irresponsabilité, l’oligarchie financière en collusion avec les politiques, ou vice versa, qui conduit la globalisation capitaliste renvoie le coût des risques et des dégâts subis par la nature et les hommes vers les habitants de cette Terre en leur faisant croire que tout est de leur attitude répréhensible.

Au Havre, nous avons 773 foyers fiscaux redevables de l’ISF. (Ministère de l’économie, 2010)

Je respecte les entrepreneurs qui créent de la richesse. Mais je fais une différence entre ceux-ci  et ceux qui profitent du système, de la  spéculation, et n’ont d’entrepreneurs que le nom. La liberté d’entreprendre n’est pas de faire de l’argent en détruisant la nature et en exploitant ceux  qui travaillent, les véritables entrepreneurs et leurs salariés.

Je veux par cette candidature au poste de Maire apporter mon expérience aux Havrais dans ma connaissance de la Mairie. D’origine ouvrière, j’y ai travaillé comme cadre pendant 24 ans. Je suis pour une  gestion égalitaire de tous les quartiers, culturelle et sociale. En effet, la culture émancipe des extrémismes. Du Havre sont nés aussi nombres de progrès et combats sociaux car travailler aux cultures havraises pour l’image de notre ville et son essor économique est essentiel.

Mais ce qui ne va pas c’est que l’outil industriel avec son port et ses entreprises qui progressent, même s’il rapporte beaucoup d’argent, ses profits ne sont pas réinvestis chez nous. De ce fait, il est anormal que notre ville soit la plus pauvre de Normandie. Où va cet argent, à Rouen, à Paris, dans des paradis fiscaux ? Cet outil industriel doit avoir les capacités d’investir aussi au profit du Havre et des Havrais. Il nous faut réveiller cette fibre havraise historique de constructeurs dans tous les domaines : naval, automobile, aéronautique, pétrochimique, agro-alimentaire, métallurgique…, favoriser les technique affluentes numériques avec la nouvelle filière de développement des industries maritime et fluviales, la Marétique. Les vrais patrons havrais sont reconnus par leur capacité d’entreprendre.

20072012054

3 navires Wind ont été construits et lancés aux Chantiers Naval du Havre. Le Wind Star en 1986, suivi par le Wind Song et le Wind Spirit.  (photo Armand Legay)

Comment ne pas être d’accord avec Vianney de Chalus, Président de la CCI quand il dit dans sa tribune dans la presse du 29 avril sur le développement de l’axe Seine : « Paris ne saurait donc se passer de Rouen et du Havre, et Rouen et Le Havre ne sauraient se passer de Paris. » L’intérêt mutuel de Paris et de la Normandie est de se développer à égalité grâce à cet accès naturel et rapide de la mer vers la capitale. Il ne peut donc y avoir qu’un Maire havrais de cœur pour les Havrais pour une vision havraise à l’instar des autres villes de l’axe Seine. Pour moi l’avenir du Havre est là, un enjeu de sortie de crise. C’est avec tous les Havraises et Havrais sans distinction et de toutes origines que l’on s’appropriera ces projets d’avenir pour aller vers un égal partage et une meilleure croissance pour notre Ville. Je veux travailler à faire du Havre une ville phare, autant écologique qu’économique,  mettre bien plus de vert dans le béton de notre ville, notre demeure à tous pour l’avenir de nos enfants.

Soyons tous des lanceurs d’alerte comme Jaurès ! Il faut agir sur les causes plutôt que subir et gérer les conséquences pour réussir.

Armand LEGAY

Do cteur en sociologie

Jaurès : Qu’est-ce que la République ?

Sans commentaires :

clip_image001

Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance. Instituer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile, et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos.

Instituer la République, c’est proclamer que les citoyens des grandes nations modernes, obligés de suffire par un travail constant aux nécessités de la vie privée et domestique, auront cependant assez de temps et de liberté d’esprit pour s’occuper de la chose commune. Et si cette République surgit dans un monde monarchique encore, c’est d’assurer qu’elle s’adaptera aux conditions compliquées de la vie internationale, sans entreprendre sur l’évolution plus lente des autres peuples, mais sans rien abandonner de sa fierté juste et sans atténuer l’éclat de son principe.

Oui, la République est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace […]

Ceux qui, depuis un siècle, ont mis très haut leur idéal, ont été justifiés par l’histoire.
Et ceux-là aussi seront justifiés qui le placent plus haut encore. Car le prolétariat, dans son ensemble, commence à affirmer que ce n’est pas seulement dans les relations économiques et sociales qu’il faut faire entrer la liberté vraie, l’égalité, la justice. Ce n’est pas seulement la cité, c’est l’atelier, c’est le travail, c’est la production, c’est la propriété qu’il veut organiser selon le type républicain. A un système qui divise et qui opprime, il entend substituer une vaste coopération sociale où tous les travailleurs de tout ordre, travailleurs de la main et travailleurs du cerveau, sous la direction de chefs librement élus par eux, administreront la production enfin organisée. »

Jean Jaurès, Discours du 30 juillet 1903

Étienne de LA BOÉTIE : Le discours de la servitude volontaire ou le contr’un (1549)

« Il y a trois sortes de tyrans. Je parle des mauvais Princes.

Les uns possèdent le Royaume par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, et les autres par succession de race.

Ceux qui l’ont acquis par le droit de la guerre, s’y comportent, on le sait trop bien et on le dit avec raison, comme en pays conquis.

Ceux qui naissent rois, ne sont pas ordinairement meilleurs ; nés et nourris au sein de la tyrannie, ils sucent avec le lait naturel du tyran, ils regardent les peuples qui leur sont soumis comme leurs serfs héréditaires ; et, selon le penchant auquel ils sont le plus enclins, avares ou prodigues, ils usent du Royaume comme de leur propre héritage.

Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable, et il serait, je crois, si dès qu’il se voit élevé en si haut lieu, au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi, qu’on appelle grandeur, il ne prenait la ferme résolution de n’en plus descendre. Il considère presque toujours la puissance qui lui a été confiée par le peuple comme devant être transmise à ses enfants. Or, dès qu’eux et lui ont conçu cette funeste idée, il est vraiment étrange de voir de combien ils surpassent en toutes sortes de vices, et même en cruautés, tous les autres tyrans. Ils ne trouvent pas de meilleur moyen pour consolider leur nouvelle tyrannie que d’accroitre la servitude et d’écarter tellement les idées de liberté de l’esprit de leurs sujets, que, pour si récent qu’en soit le souvenir, bientôt il s’efface entièrement de leur mémoire.

Ainsi, pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelque différence, mais pas un choix à faire : car s’ils arrivent au trône par des routes diverses, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Les élus du peuple, le traitent comme un taureau à dompter : les conquérants, comme une proie sur laquelle ils ont tous les droits : les successeurs, comme tout naturellement… »

« Car pour que les hommes, tant qu’il reste en eux vestige d’homme, se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une : ou qu’ils soient contraints, ou qu’ils soient abusés… »

Je résumerais pour aujourd’hui dans notre démocratie de manipulation : le complexe de puissance de nos élus mondiaux en collusion avec la finance est à la hauteur de la lassitude des nations, contraintes dans cette arène de démocratie de sacrifier leurs peuples sur l’hôtel du capitalisme global.