Le symbole de tous les Français : instrumentalisé ?

Un drapeau Bleu, Blanc, Rouge chacun à sa fenêtre ! Vive le patriotisme ! Mais c’est oublié, encore dernièrement et il y a quelques années avant 1997 et jusqu’en 2008 où François Hollande était Premier secrétaire du Parti Socialiste, qu’au sein de ce parti le drapeau national n’était pas le bien venu, au même titre d’ailleurs que les mots République, Nation, Souveraineté. Ces symboles et mots forts de la France des lumières étaient laissés au Front National. Les adhérents du PS n’osaient plus les utiliser tellement ils servaient de repoussoir et d’oripeaux appartenant à ce mouvement.

Tout était fait pour qu’ils inquiètent et fassent peur autant que le FN afin que les électrices et électeurs votent PS ; car les dirigeants de ce parti croient toujours que leur chance de rester au pouvoir est la montée de l’extrême droite. Puis la droite avec Sarkozy a utilisé notre symbole national dans ses meetings pour le récupérer sur la marge idéologique du FN. Pendant  ce temps dans ceux du PS  les seuls drapeaux que l’on voyait étaient roses, logo compris, et européens. Rares étaient les drapeaux de notre Nation tenu par une militante ou militant.

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Est-ce que les mots d’ordre d’aujourd’hui ne risquent-ils pas de conduire à une autre servitude ? Cela me fait penser de la façon dont à été utilisé notre drapeau pendant la guerre de Libye où Bernard-Henri LEVY (BHL) a instrumentalisé celui-ci.

Ainsi il annonce au président SARKOZY, dès son retour de la ville rebelle de Benghazi, en mars 2011 : « Le sang des Libyens éclaboussera le drapeau français qui flotte sur Benghazi. Si ça se trouve, ce drapeau sera leur linceul». Le philosophe réitéra son invocation du drapeau, lors d’un entretien radiodiffusé pour tenter d’emporter le soutien des Français dans cette entreprise militaire. BHL convoque donc le drapeau national pour sensibiliser les Français au drame libyen et leur rappeler implicitement que la France serait le pays des droits de l’homme, de la défense universelle de la liberté… et que le fait de laisser notre drapeau taché du sang des rebelles serait une capitulation de nos valeurs, une sorte de défaite en rase campagne de nos propres idéaux. Force est de constater que la France, qu’elle soit révolutionnaire ou du 3e millénaire, reste sensible à cette geste nationale qui confine ici au récit de propagande au sens littéral du terme, puisque le mot « propagande » signifie tout simplement une action visant à propager la foi. Serait-ce la préfiguration d’un nouveau concept : le patriotisme humanitaire armé ? »

(D’après Derdaelle Elodie, 2011, page 15, Maître de conférence de droit public, Nancy 2 http://www.droitconstitutionnel.org/congresNancy/comN1/derdaeleT1.pdf)

Combattre culturellement les idées extrémistes

Je ressors ce courrier que j’ai écris en 1998, car aujourd’hui compte tenu des évènements horribles de cette année et de ce 13 novembre 2015, 130 compatriotes de notre Nation France sont morts ces jours-ci. Ce texte est encore plus d’actualité. Cela pour montrer que si les tenants du pouvoir avaient voulu combattre les extrémismes de tous bords depuis 70 ans, ils avaient des outils et nombres de militants de l’éducation populaire qui étaient prêt à servir le pays et à travailler à l’éveil de citoyennes et citoyens de la République ouverts culturellement et idéologiquement à la pérennité et à l’amélioration démocratique de notre société comme le voulait toutes les femmes et hommes politiques qui faisaient parti du Conseil National de la Résistance. Il est encore temps de mettre en place un Ministère de l’Education Populaire en parallèle au Ministère de  l’Education Nationale.

Un combat d’espoir et de libération.

(Lettre du 28 mars 1998 restée sans réponse et envoyée aux principaux journaux de France et à la première adjointe du Maire du Havre)

Le 13 novembre 1944 Jean Guéhenno, inspecteur général, chargé de mission aux mouvements de jeunesse et à la culture populaire écrivait dans sa circulaire les fins poursuivies par la nouvelle direction de la culture populaire: ”mettre fin à l’avilissement, à l’exploitation d’une jeunesse par la mécanique de l’enthousiasme si chère à Vichy”.

L’effet des écoles des cadres de jeunesse du pseudo gouvernement de Pétain,” qui, plutôt que le jugement politique, relèvent du jugement tout court, et n’ont servi, à quelques exceptions prés, qu’à mieux enraciner la sottise”, n’a peut-être pas disparu lorsque l’on regarde certaines associations ou modes d’animation actuels dans les quartiers de banlieue, dont un abîme les sépare de l’éducation populaire.

Ils n’ont d’abord qu’un aspect occupationnel, souvent uniquement sportif, se disent préventif pour calfeutrer la délinquance et la violence, mais n’ont pas les moyens de parvenir a leur but, malgré leurs bonnes intentions.

Est-ce cela la socialisation?

Où se trouve donc cette éducation populaire qui devait servir à ne plus faire apparaître les thèses fascistes lorsque l’on regarde la progression du front national durant ces vingt dernières années ? Il ne faudrait pas moins d’un nouveau Ferry écrivait déjà Jean Guéhenno dans le Figaro du week-end du 5 et 6 mai 1962! Prémonition?

Comment sommes-nous arrivés à cette situation?

Le 2 juin 1944 le C. F. L. N. (comité français de libération nationale) se transforme en gouvernement provisoire de la République française avec un ministère d’unanimité nationale et à sa tête comme président du conseil: Charles de Gaule. Le 6 juin 1944 débarquent les alliés. Le 5 juillet, à Alger sont dissous les chantiers de jeunesse. Le 6 juillet toujours à Alger un décret rétablit les commissaires de la république et les libertés démocratiques en métropole. Le 27 juillet annulation de la charte du travail. Le 9 août est la journée de la légalité républicaine. Le lendemain sont supprimés les milices patriotiques. Du 14 au 25 août Paris est libéré. Le 5 octobre les femmes peuvent voter. Le 1er septembre Jean Guéhenno est chargé de la direction de la culture populaire et des mouvements de jeunesse rattachés à la direction générale de l’enseignement. Le 6 novembre 1944 le plan Langevin-Wallon soumet au ministre de l’éducation nationale un projet de service public d’éducation populaire qui aura comme but d’être un ferment du progrès intellectuel, technique, esthétique non seulement pour les individus, mais pour la collectivité. Une semaine plus tard, le 13 novembre 1944 dans sa circulaire Jean Guéhenno appelait les enseignants à l’aider à lancer le grand mouvement d’éducation populaire qu’avait besoin la France à la sortie des années brunes. Cette rapidité dans l’exécution de la tâche immense n’a pour but que de “mettre fin à l’avilissement, à l’exploitation d’une jeunesse par la mécanique de l’enthousiasme”, si chère à Pétain, à Mussolini, à Franco et à Hitler.

Le 2 décembre 44, cette direction de la culture populaire et des mouvements de jeunesse se dénomment maintenant « Direction des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire ». Le gouvernement provisoire, issu du combat de la résistance, connaissait l’ennemi et savait ce qu’il faisait pour combattre les idées fascistes. Le malheur est que cette Education Populaire a disparu avec leurs auteurs, des luttes sordides ont arrêté cette éducation en cours de route.

De quoi s’agissait-il?

Vichy et son pseudo gouvernement avaient mis en place une politique d’embrigadement de la jeunesse et une autre de formation professionnelle, ainsi qu’une politique familiale, surtout dans les campagnes, lesquelles avaient pour but ultime de venir en aide à l’effort de guerre que versait la France collaboratrice à l’Allemagne nazie. Pendant quatre années cette jeunesse avait été embrigadée pour créer l’homme nouveau de ce nouvel ordre et espace vital, si chers au national-socialisme. Il fallait donc, à la sortie de la guerre, un programme de grande envergure. Le gouvernement provisoire imagina donc cette direction de la culture populaire pour tout le peuple. Les moyens pour y arriver furent dés l’origine, la création le 1er octobre 1944 de cette direction des mouvements de jeunesse et de la culture populaire. Il s’agissait d’ ”établir un service public particulièrement chargé de l’ensemble des problèmes posés à l’Etat par la nécessité de développer et d’organiser l’éducation non scolaire” écrivait en 1949, André Basdevant, chargé d’étude et de l’information à la Direction de la jeunesse et des sports. Dans un article du numéro spécial de l’information pédagogique: nécessité de l’éducation Populaire N° 3, il précise que la direction de l’éducation populaire avait pour mission de compléter l’œuvre d’éducation entreprise dans la famille, l’école, le milieu social, en offrant à l’adolescent et à l’adulte des moyens d’éducation et de culture.

Elle disposait à cet égard d’une administration centrale sous l’autorité d’un directeur, d’inspecteurs généraux, d’inspecteurs principaux, d’inspecteurs et de techniciens.

16 centres d’éducation populaire furent disposés dans le pays et étaient ouverts pour assurer la formation d’animateurs. Les difficultés financières n’ont pas permis de maintenir ce dispositif, assez ample, mais dont on devra bien se convaincre qu’il n’était pas exagéré et qui paraîtrait ridiculement faible soulignait déjà André Basdevant. Il continue en précisant que ces centres d’éducation populaire devaient contribuer par des voies qui paraîtront lointaines, mais dont il ne faut pas perdre de vue l’aboutissement, à la formation de l’homme et du citoyen.

Le 2 mai 1952 Jean Guéhenno, dans un article au Figaro, montrait encore mieux ce qu’était cette direction au lendemain de la libération: “J’ai assisté à la naissance d’une de ces grandes idées qu’engendra la Résistance. J’ai peur qu’elle ne soit en train de mourir, mais j’ai décidé, quant à moi, de ne pas assister à son enterrement. Parce qu’elle était plus vaste et plus généreuse que tout ce qu’un seul mot peut signifier, parce qu’elle avait les ailes de l’espérance, parce qu’elle était difficile à cerner, à emprisonner, on ne sut d’abord, en novembre 1944, comment la nommer: on parla de culture populaire, mais ces mots ne disaient pas ou disaient mal tout ce qu’on voulait. Ce qu’on sentait c’était le besoin qu’avaient les peuples de nouvelles lumières. Tous les malheurs que nous avions subis, cette guerre qu’on nous avait faite pour nous asservir, ne venaient peut-être que de l’obscurité où ils étaient encore. Les propagandes, les fascismes, les totalitarismes, toutes les mécaniques de l’enthousiasme n’avaient été puissantes sur l’âme des peuples européens que parce qu’ils avaient assez de lumière pour être émus par les idées, mais non pas assez pour les contrôler. Et notre peuple lui-même, s’il avait été un moment tenté par la servitude. Il est clair qu’il ne suffisait pas de savoir lire et écrire pour vraiment être citoyen. Même cette culture inachevée, peut-être, augmentait les dangers. Le viol des foules à demi cultivées, des jeunesses surtout, était facile. C’est ainsi qu’on créa, en novembre 1944, une direction de la culture populaire, à côte de trois directions traditionnelles du ministère de l’éducation nationale.

Sa fonction devait être de poursuivre et d’accomplir le travail de l’enseignement primaire et secondaire, d’élever au plan de l’enseignement ce qui était livré aux propagandes, la formation des citoyens. (….) Il s’agissait sûrement de faire un peuple entre les peuples par la puissance de réflexion et de choix qu’on lui donnerait. (….)La place me manque pour raconter ce qu’à été l’histoire de cette direction, de cette idée. Elle est triste; et d’abord on la coucha dans les draps du sous-secrétariat vichyste à la jeunesse. C’était des draps sales difficiles à laver. On l’associa à la direction des mouvements de jeunesse, et on devine que ces mouvements confessionnels ou politiques s’entendirent assez mal avec un nouveau mouvement qui ne se recommandait, lui, que du respect des esprits et de la liberté critique. Un peu plus tard on fit pis :

On la subordonna à la direction des sports, comme si c’était à la tête de suivre et aux bras et aux jambes à commander. Il en est résulté de tout cela une horrible confusion. J’ai pris part, ces jours derniers, aux débats du Conseil de l’éducation populaire et des sports. Les boxeurs, les amateurs de basket, les montreurs de marionnettes y ont débattu de ce que doit être l’Education populaire. Par comble, l’on a discuté d’un projet de loi dite “sur l’Education populaire ». Les débats mêmes ont fait la preuve qu’elle ne fera qu’entériner le passé, réglementer la vie des mouvements de jeunesse confessionnels et politiques. Qu’on l’appelle donc “loi sur les mouvements de jeunesse» !

Mais que ce grand mot d’Education populaire ne serve pas à la couvrir. La question de l’Education populaire reste entière. Elle ne peut être résolue par une simple direction. Ce qu’on espère, c’est qu’un homme politique, qu’un grand ministre face pour la France des années 1950 ce que Ferry fit pour la France des années 1880, et donne à ce peuple les lumières dont il a besoin pour traverser de nouveaux périls. ”

En 1962, dans le Figaro, Jean Guéhenno se souvenait toujours de cette fièvre du lendemain de la Libération dont on avait si mal tiré parti. Il avait souvenir d’avoir été intimement mêlé aux travaux d’un nouveau service public (…) de l’éducation permanente du citoyen. Il se battit un an.

Les souvenirs du secrétariat vichyssois à la jeunesse empoisonnaient tout. Dans la confusion politique, chaque parti ne pensait qu’aux profits qu’il pourrait tirer de la nouvelle institution. Chaque parti ne pensait qu’à faire des citoyens que pour lui et à flatter sa clientèle. Jean Guéhenno qui n’avait pas le goût de la puissance, démissionna. Quinze ans après, il s’étonnait qu’aucun ministre n’ait tenté de vaincre les résistances particulières et lancer le grand mouvement nécessaire à l’éducation générale des citoyens. Concernant le sport, il ne s’agissait pour lui de le négliger, mais de ne pas le séparer d’un entraînement plus général de tout l’être humain. Ces résistances particulières viennent peut-être aussi de beaucoup de décideurs à la libération qui croyaient que l’école dans le futur devrait assurer à elle seule la charge de l’éducation citoyenne. Ce qui évoque cette approche est dans le rapport sur les travaux de la commission pour la réforme de l’enseignement présenté par Marcel Durry en 1944 à Alger. Il précise “qu’au moins pendant la période de transition et en attendant que l’école assume dans son intégrité le rôle immense qui doit être le sien, l’Etat doit reconnaître ces bonnes volontés, (de l’Education populaire), s’appuyer sur elles et les utiliser. ”

Pourtant l’Education populaire qui prend racine dans le mouvement ouvrier naissant du 19éme siècle connaissait déjà les dangers des extrémismes. En effet Marcel Martinet (1887-1944) poète intimiste, intellectuel socialiste, d’une foi révolutionnaire très peu doctrinale, ouverte sur l’action, reste un témoignage, une analyse à redécouvrir pour notre futur incertain. En 1921, ardent partisan du jeune parti communiste français, il prend la direction de la page littéraire de l’Humanité fondée par Jaurès.

En 1924 éloigné de l’action par la maladie, minoritaire de gauche, séparé du parti communiste, il sera l’un des premiers à dénoncer le stalinisme. Pour lui, à cette époque, “l’émancipation de la classe ouvrière ne peut passer que par la redécouverte de sa propre identité, gommée par la culture accaparée par la classe dominante”. En mars 1935, dans sa préface de “La culture prolétarienne” il précise et affirme “que la possibilité d’une reconstruction sociale dépend des hommes et que c’est la négation même de l’imposture fasciste. Les fascismes supposent le mépris des hommes. Les fascismes mentent en se disant anticapitalistes. ” Ceci pour cette époque d’avant guerre qui ne connaît pas de déstructurations en terme d’économie capitaliste comme aujourd’hui. Par contre la forme de reconstruction sociale en opposition à ces déstructurations dont profite le front national, est d’actualité:

“La bourgeoisie petite et grande est prête à se démettre de son destin aux mains d’un chef”. C’est ce que l’on voit, en partie et à nouveau, en mars 1998. Cette Education populaire, les théoriciens de l’extrême droite l’ont toujours combattue; Charles Maurras en 1936 stigmatisait déjà le “délire pédagogique” des responsables de cet enseignement. Il ne voyait dans la politique de 1936 et du front populaire qu’un “encouragement à la paresse, à l’oisiveté”.

Dans le journal “Gringoire”, André Tardieu dans son éditorial du vendredi 3 juillet 1936, concernant les idées du front populaire ni voyait que “ des écervelés de tout poil (qui) ont fait assez de mal à la France » et qu’il fallait changer de régime constitutionnel, parlementaire, électoral, administratif, social, intellectuel et moral, changer de régime tout court. Le FN n’écrit pas autre chose aujourd’hui dans son programme.

Dans ce numéro du Gringoire, Hitler était le danger; mais non pas Mussolini qui était mis en exemple.

Marcel Martinet et Jean Guéhenno avaient raison et ont toujours raison. L’un pour une culture intransigeante qui soit intégrée au salariat ; l’autre pour une culture qui soit individuelle. Ils ne sont pas opposables, mais complémentaires.

Qu’est devenue cette Education depuis 1960 ?

Mai 1968 amène un bouleversement, une prise de conscience qui remet en question tout un système de valeurs dans toutes les sphères de la société. De Gaulle démissionne en 1969, Pompidou devient président de la république. Un consensus se fait autour d’un projet de loi sur la formation permanente. Le 16 juillet 1971 la loi est votée. Elle marque le déclin de l’Education populaire. Elle va permettre à la formation professionnelle et technique de s’accaparer de la nouvelle “’Education permanente”. La crise des années 70 va amener la formation en alternance qui subsiste jusqu’à aujourd’hui. Cette accaparation de l’Education populaire et de sa pédagogie dans l’appareil de la formation professionnel va noyer dans un consommable jetable la pseudo adéquation du salariat au monde dit moderne. Cette économie capitaliste globale Française peut alors fabriquer son propre potentiel humain en puisant dans le chômage qui reste alors son bouillon de culture, son terrain d’expérience pour la flexibilité. Elle n’a plus d’opposition contradictoire en terme culturel de reconstruction sociale et économique.

Ce qui permet aujourd’hui un retour de l’histoire avec la destruction du tissu social que nous connaissons.

Cette culture technique, mécanique, dirait Jean Guéhenno, va dans le sens et nourrit les théories de l’extrême droite: le viol des foules à demi cultivées peut recommencer.

Sur L’animation Socioculturelle.

En 1975 J. Simpson dans son article “aspects généraux de l’animation culturelle (bulletin d’info du centre de documentation pour l’éducation en Europe n°4) évoquait les conditions plus curatives, préventives ou plus positives de l’animation. Il pensait déjà que le “fossé culturel” qui existe entre les couches sociales, et les frustrations qui en découlent, sont une menace pour le développement des sociétés démocratiques.

Il prédisait aussi que face à ces contradictions, l’animation ne devait pas être utilisée comme un “simple mécanisme d’adaptation” ou comme un “palliatif destiné à adoucir les malheurs”. Il précisait les principes d’une citoyenneté active basée sur l’autonomie, la liberté. Cette animation là, devait promouvoir une société ouverte, participative et favorable à l’épanouissement de la personnalité. Cette animation Socioculturelle, fille de l’Education populaire, de l’Instruction publique de Condorcet, du Mutuelliste, du Coopératisme, du Syndicalisme, de l’Action sociale chrétienne s’est en fait rabougrie ces dernières années. L’exclusion aidant, la mutation capitalistique globale n’étant presque plus contestée politiquement, par manque de culture, d’intervention citoyenne et de capitulation politique, l’animation

Socioculturelle n’avait comme ressource, imposée par le biais des différents dispositifs gouvernementaux et leurs subventions (nécessités alimentaires obliges) à s’insérer dans la prévention, dans ce qu’écrivait Simpson en 1975 « un simple mécanisme d’adaptation » des populations victimes de la mutation économique ces vingt dernières années. Comme je l’écrivais précédemment la loi du 16 juillet 1971, en s’accaparant l’Education populaire et permanente pour la mettre à son goût dans la formation professionnelle au service de l’économie, de son industrie, de ses services et de sa mutation, fût un nouvel acte d’enterrement de cette belle histoire portée à bout de main par tant de militants culturels et sociaux que l’on a pas écouté.

Le même mois de juillet 1971 une autre loi est votée qui entérine pour la première fois « au monde » une situation de travail précaire. Elle ne put plus être combattue et ouvrait la déréglementation du travail que l’on connaît aujourd’hui : Il s’agit de la loi sur la triangulation du travail temporaire.

La même année, un colloque présidé par René Lenoir, Directeur de l’Action sociale, mettait en évidence la délinquance et la désintégration des familles. En 1977, Jacques Barrot met en place l’opération “Habitat et vie sociale” pour pallier aux difficultés dans les HLM déjà découvertes dans le rapport Lenoir.

De cette opération vont découler tous les autres dispositifs après l’explosion des Minguettes en 1981. Plus tard, par la loi du 12 novembre 1992, le contrat de ville deviendra le cadre unique de la politique de la ville. L’on connaît le résultat et le projet de loi de Martine Aubry. S’il marque une différence évidente ave les autres politiques, il n’est pas pour autant en rupture avec elles.

En effet, dans un article du monde du 27 mars 98, Alain Leboube, cite Michel Dollé, Rapporteur général du CSERC (Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts) lequel révèle “une attitude assez spécifique à notre pays” : le chômeur serait responsable de sa situation; Il ne faut donc pas relever les minimas sociaux pour mieux l’inciter à trouver un emploi.

La vindicte populiste ne pense pas autrement que cette conception moralisante de l’Action publique contenue dans les projets de loi qui seront votés prochainement. Les idées de vichy ont bien traversé l’histoire en s’infiltrant insidieusement dans notre droit : Le Pen peut disparaître.

Se mettre en rupture totale.

Jean François Revel, ce 27 mars au matin proposait sur RTL la mise en place d’un Gouvernement d’Urgence nationale face à la monté de l’exclusion et de l’extrémisme. Pourquoi pas ?

Mais à quoi cela servirait si cette évidente notion d’Education populaire n’y trouvait la place qui lui est due ? L’interview accordée à l’Humanité ce même jour à Geneviève de Gaule montre que la président d’ATD Quart monde est à l’origine, avec beaucoup d’autres, sur le projet de loi contre l’exclusion.

Mais dans la dernière question posée par le journaliste, si elle dit que “cette loi n’est absolument pas un statut pour les pauvres”, mais que “c’est un texte qui agit concrètement pour que la démocratie progresse dans notre pays”, elle prend soin auparavant de préciser qu’ “il s’agit de prendre conscience qu’humainement, que socialement, il n’est plus possible de laisser des gens à la traîne sur le bas côté de la route du progrès. Cela appelle une véritable révolution sociale pour un meilleur partage des richesses matérielles et culturelles”. Elle termine en disant qu’il ne faut pas seulement défendre ce qui existe, mais “c’est en avançant, en l’enrichissant qu’on rend la démocratie plus forte”.

Une autre reconstruction à faire sont les sphères de l’éducation sanitaire et de la protection sociale qui ont les mêmes origines que l’éducation populaire.

D’abord qu’est-ce que l’éducation sanitaire?

Parisot dans “La santé de l’homme”, Lyon, novembre – décembre 1953, n° 81, la définit ainsi:

“L’éducation sanitaire est tout à la fois une science, utilisant des connaissances multiples, et une discipline qui se réclame d’une pédagogie nouvelle et très particulière: la biologie, la psychologie, l’ethnologie, la bio statistique, la démographie, les sciences de l’homme, mais surtout l’hygiène, la médecine préventive, les sciences médicales et sociales, les techniques et méthodes éducatives, notamment celles qui ont trait à l’audio visuel, fournissent à l’éducation sanitaire ses bases et ses principes, sa doctrine et ses moyens d’action”. Une autre définition montre différemment que l’éducation sanitaire est une branche de l’éducation populaire :

“L’éducation sanitaire enseigne comment éviter les maladies et les accidents, comment favoriser la croissance, comment développer un corps sain possédant un maximum d’aptitude physique et d’équilibre mental, comment prolonger l’existence et la rendre plus utile à la famille et à la société. Elle a pour but ultime la prolongation de la vie humaine par la réduction de la mortalité et de la morbidité évitables. A cette fin elle tend à créer un milieu salubre; elle recommande les pratiques personnelles et les mesures publiques susceptibles de prévenir la maladie où de favoriser la santé; et quand celle-ci est déjà compromise, elle conseille de remédier sans délais aux affections qui en sont responsables. Son objectif immédiat est d’accélérer l’adoption par les individus et par la société des pratiques et des mesures qui découlent de la science de l’hygiène; de réduire dans le secteur de la santé le décalage universel entre les découvertes scientifiques et leurs applications. ” (L’éducation sanitaire par Jules Gilbert: les presses de l’université de Montréal 1963)

Concernant cette prise en compte sanitaire et de protection sociale, nous avons en France un texte important. C’est celui qui se trouve dans le dixième et onzième alinéa du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 sur le droit à la protection sociale :

“La nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler à le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables l’existence”.

L’accès à la culture passe donc bien aussi par l’accès aux soins. En effet, l’exclusion induisant de graves problèmes de santé, ou selon, de graves problèmes de santé induisent l’exclusion, comment avoir accès à la culture, à l’emploi, à la formation, si pathologiquement, l’être ne peut compter sur son corps et son esprit malades par manque de soins ?

Qu’est donc devenu l’article premier, ci-dessous, de l’ordonnance du 4 octobre 1945 portant organisation de la sécurité sociale qui allait de pair avec la création un an plutôt de la direction de l’éducation populaire ? : “Il est institué une organisation de sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toutes natures susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de familles qu’ils supportent”.

Ce n’est sans doute pas le cas en ce moment quant réapparaissent des maladies comme la tuberculose (France : 900 morts en 1997). Le Haut Comité d’Etude à la Santé, dans le monde du 20 février 98 avertit d’ailleurs que “l’absence de projet (de santé) d’envergure visant les jeunes peu qualifiés et d’origine modeste qui sont les plus exposés à la précarité” est inquiétant. Il estime que “la progression actuelle des phénomènes de précarisation qui fragilisent des secteurs entiers de la population sont susceptible, à moyen terme, de provoquer une réelle dégradation des couches sociales les plus défavorisées et, au-delà, celle de la population entière”. Il n’y a à ce que l’on sache ni bactérie ni virus de classe !

Ces problèmes graves de risques de déconstruction sociale tant sanitaire que culturel, sont des raisons d’aller aussi loin que possible vers ce que j’appellerai une animation Socioculturelle préventive ou thérapeutique pour sortir de l’exclusion. Cela nécessite bien de mettre à niveau cette éducation nouvelle, solidaire, individuelle et véritablement citoyenne pour exclure radicalement les extrémismes. Des outils existent.

Epilogue

L’on me fera l’objection que face aux difficultés de l’exclusion et de l’extrémisme, je veuille utiliser l’histoire pour faire revivre une mystique républicaine et laïque de l’après guerre. Que cette démarche ne peut-être en adéquation avec le mouvement social car nous sommes dans une période d’extension ayant ces caractéristiques propres ! Et l’on dira, que l’éducation populaire n’échappe pas à cette complexité. C’est justement pour cela que je confirme m’appuyer sur l’histoire, pour parvenir avec d’autres à un enthousiasme ouvert et hédoniste, autre que mécanique et technique.

Armand LEGAY

Animateur socio culturel

Demande de saisine de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour financement du terrorisme[1] (par http://collectifconstituant.fr.gd/Cahiers-des-exigences-citoyennes.htm)

Objet : Demande de saisine de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour financement du terrorisme[1]

Recommandé avec AR A …….. le 17 11 15

Monsieur le Procureur de la République de Paris

 Parquet du Procureur de la République,

179 av F et I Joliot Curie,

92000 NANTERRE.

 

Monsieur le Procureur de la République,

Le contexte

À l’écoute du discours du Président de la République devant le Parlement réuni en Congrès le lundi 16 novembre 2015, il nous est bien confirmé que les actes commis ce 13 novembre 2015 sont à considérer comme « des actes de guerre », comme « une agression contre notre pays ». Ces actes en tant que tels, par leur forme et par les moyens engagés, justifient certes d’une réplique à caractère militaire. Mais, par leur violence qui outrepasse celles de toutes les règles et conventions internationales sur le droit des conflits armés elles contreviennent profondément au droit français mais aussi au droit international. Le droit de la guerre regroupe l’ensemble formé par les conventions de La Haye. Ces textes cherchent à protéger les combattants des effets les plus meurtriers de la guerre et définissent un certain nombre de règles applicables au combat, comme par exemple l’interdiction de la perfidie ou l’interdiction de déclarer qu’il ne sera pas fait de quartier. Les règles qui en découlent visent aussi la protection de certains biens particulièrement exposés, comme en témoigne la convention de La Haye du 14 mai 1954 relative à la protection des biens culturels. Ce droit de la guerre est complété, pour former le droit des conflits armées, par le droit humanitaire qui englobe les conventions de Genève du 12 août 1949 concernant les blessés et malades (1re convention), les naufragés (2e convention), les prisonniers de guerre (3e convention) et la population civile (4e convention). Nous n’avons à l’évidence pas eu affaire à des « combattants », qu’il s’agisse de ceux qui exécutent les actes de violence ou de ceux qui les dirigent, respectueux de ce droit. Si comme l’affirme le Président de la République ces actes de terrorisme sont bien des actes de guerre alors ceux qui les ont planifié, organisé, commandité, commis et financé doivent répondre selon ce droit devant la justice et devant le peuple français de leurs crimes qui, par leur exceptionnelle gravité, ne sont en rien des crimes de simple droit commun.

Beaucoup d’engagements ont certes été pris lors de cette intervention solennelle mais la question principale, majeure, que ce soit par le Président de la République ou par ceux qui lui ont porté la réplique a été totalement éludée : il s’agit du financement de ces actions. Or aucune force armée, fusse-t-elle terroriste, ne peut exister ni agir sans moyens financiers considérables. Comment faire mine de l’ignorer. Tout le reste découle des moyens financiers : l’armement, les moyens logistiques, l’approvisionnement en munitions et en énergies, l’entretien, les communications, etc. Ces financements lourds, plusieurs milliards d’euros au minimum, ne peuvent donc être disponibles qu’au niveau des États ou d’individus que des États utilisent sciemment car de tels mouvements de fonds, y compris illicites, ne peuvent échapper à un État. Les faits relatés dans la présente demande de saisine de la Cour pénale internationale démontrent pourtant que nos dirigeants ne pouvaient, depuis longtemps, ignorer cette question majeure tant ils ont été concernés, ont contribué à des travaux pour la traiter et en ont été tenus informés.

Nous, femmes et hommes libres, nous sommes assassinés, nous sommes humiliés, mais nous sommes déterminés à nous défendre et à demander que justice nous soit rendue. Les crimes terroristes ne peuvent rester impunis. Nous sommes déterminés à nous rassembler pour combattre et pour faire condamner les véritables commanditaires de ces crimes, où qu’ils se trouvent, crimes que nous considérons en droit comme des crimes d’agression, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, tout comme à poursuivre ceux qui en sont les complices. Les voies juridiques françaises et internationales existent pourtant mais il nous semble qu’elles restent pour une grande part inappliquées faute de réelle volonté politique. L’absence, parmi les propositions avancées, d’engagement public en matière de lutte contre le financement du terrorisme lors du discours devant le Congrès en est une preuve. Le terrorisme, comme le précise le Comité contre le Terrorisme de l’Organisation des Nations Unies, est pourtant à l’ordre du jour de la communauté internationale depuis 1934, date à laquelle la Société des Nations avait fait pour la première fois un soi-disant « grand pas sur la voie de l’éradication de ce fléau » en établissant un projet de convention pour la prévention et la répression du terrorisme. Bien que cette convention ait finalement été adoptée en 1937, elle n’est jamais entrée en vigueur. Nous constatons à nouveau ce 13 novembre 2015, dans la douleur, l’incapacité des dirigeants politiques à mettre en pratique leurs prétendues intentions et, ce faisant, leur mépris des peuples. Il n’est dès lors plus possible pour aucun citoyen de rester sans réagir et le premier recours indispensable auquel il doit être fait appel est celui du recours à la justice et au droit.

Les textes de droit relatifs au terrorisme et leur application

Par l’intermédiaire de l’Assemblée générale des Nations Unies et des ses institutions spécialisées, la communauté internationale a pourtant adopté depuis de multiples conventions et protocoles concernant des actes spécifiques de terrorisme, en particulier la Convention internationale de 1997 pour la répression des attentats terroristes à l’explosif et la Convention internationale de 1999 pour la répression du financement du terrorisme. Par la résolution 51/210 de l’Assemblée générale en date du 17 décembre 1996, à l’alinéa f) du paragraphe 3, les États étaient déjà invités « à prendre des mesures pour prévenir et empêcher, par les moyens internes appropriés, le financement de terroristes ou d’organisations terroristes, qu’il s’effectue soit de manière directe, soit indirectement par l’intermédiaire d’organisations qui ont aussi ou prétendent avoir un but caritatif, culturel ou social ». Malgré cela, nous allons le voir, nos représentants publics de l’État français, investis par des partis politiques qui ne représentent plus rien, nous trompent, nous ruinent depuis des années et ils sont, comme nous le constatons encore une fois, incapables malgré leurs « promesses » et leurs discours inconséquents de nous protéger, de protéger nos vies, nos droits et nos libertés. Cette année 2015 au moins sept attentats dont le dernier, gravissime, ce 13 novembre, en sont une nouvelle preuve. C’est donc à nous, femmes et hommes libres, de reprendre la main sur notre destin collectif avec l’espoir fort de recevoir le soutien et l’aide de notre autorité judiciaire, en laquelle nous portons toute notre confiance.

Ce n’est cependant pas en recevant au sommet de l’État les dirigeants des partis politiques qu’il sera possible de recréer l’unité nationale. Les partis, toutes les analyses le montrent, n’ont pas la confiance de la très large majorité des Français, ils sont discrédités, tous sans exception. Les partis ne rassemblent pas, ils divisent pour conserver et reprendre le pouvoir à leur profit. Encore une fois, recevoir les partis au plus haut sommet de l’État, c’est mépriser les citoyens, c’est ne pas entendre leurs cris de désespoir. C’est plutôt aux femmes et hommes libres que les dits représentants du peuple français devraient donner la parole et à eux seuls, en leur restituant le pouvoir que les partis leur ont dérobé. C’est nous, les femmes et les hommes libres, qui exigeons de ceux qui se prétendent nos représentants, qu’ils se disent de « la majorité » ou de « l’opposition », les actions pour lesquelles nous les désignons et les indemnisons.

Nous exigeons de ces représentants, qu’ils soient de la majorité ou dans l’opposition, au nom de ce pouvoir souverain qui est le nôtre, que les commanditaires et les financeurs de ces crimes, ces dictateurs, qu’ils soient de l’Orient, des confins de l’Europe, d’Afrique ou d’Asie et qui organisent, financent, planifient, arment et tiennent de longue date la main des assassins pour nous terroriser soient dénoncés, poursuivis, jugés, condamnés et punis. Pour l’heure, nos responsables n’en font rien, pire, les faits dont certains sont rappelés ici démontrent qu’à l’inverse, ils collaborent. Des instances internationales existent pourtant à cette fin, ne pas les saisir serait déjà un crime. Recevoir les dirigeants d’États criminels, les rencontrer, commercer avec eux, comme tous les partis le font ainsi que les responsables au pouvoir, nous semble être un crime de complicité avec ces « États dictatures » qui ont fait et font encore commettre ces atrocités, en organisant des armées qui nous bernent par des revendications manipulatrices sous le masque de l’intégrisme, et qui nous assassinent. Ces armées sont à leurs ordres. Frapper ces armées n’a de sens que dans la mesure où les dirigeants des États commanditaires et financeurs sont également poursuivis, condamnés et punis, faute de quoi ces derniers reconstruiront ces forces destructrices, là ou ailleurs, sous d’autres masques. Frapper ces armées sans cette volonté de soumettre les commanditaires d’États à la justice n’est que de la démonstration aussi inutile que coûteuse pour notre pays. Rencontrer directement ces chefs d’État ou leurs représentants, c’est contribuer à les reconnaître, c’est la raison pour laquelle ces dictateurs nous humilient et nous écrasent continuellement de leurs crimes. Les recevoir, dialoguer « diplomatiquement » et, pire, commercer avec eux, c’est aussi contribuer à nous humilier, à nous mépriser, c’est participer à l’asservissement de leurs peuples, c’est être complice de leurs crimes passés, actuels et, comme c’est à craindre, à venir. Ces crimes de guerre, d’agression, ces crimes contre l’humanité sont commis en cette année 2015 de façon quasi mensuelle et toutes les déclarations publiques ressassées n’y portent aucun remède faute d’attaquer le problème à sa source : le financement. Ces déclarations, souvent électoralistes, ne font que tenter d’absoudre les fautes de dirigeants et des représentants publics actuels ou du passé et tentent de justifier de nouvelles privations de droits et de libertés imposées aux citoyens. En raison de leur inaction envers les véritables commanditaires financeurs, faute de les poursuivre, nos « représentants » pourraient, sans une réelle action de leur part, s’exposer à répondre aussi devant nous de ces fautes.

Face à cette situation dite « de guerre » qui exige l’unité nationale, les partis et les dirigeants qui en sont issus et qui collaborent avec des États criminels n’ont plus leur place dans notre démocratie. Les prétendues propositions qu’ils avancent et qu’ils sont ensuite incapables d’assumer, telles que la « résidence surveillée avec un bracelet électronique » en cas de soupçons, les « inflexions majeures » dans la politique de sécurité, l’« expulsion sans délai », la menace de « fermer des mosquées », l’exigence de « porter une motion devant le Conseil de sécurité des Nations-Unis »  et même de créer une « Garde nationale » en « mobilisant les réservistes » sont certes flatteuses mais à la fois démagogiques, inapplicables, inefficaces sur le long terme, juridiquement condamnables et grotesques. Il est même question de réformer de façon importante la Constitution dans l’urgence, nouvelle manière sans doute d’imposer aux citoyens des privations de droit et des contraintes sur leurs libertés en faisant adopter ces modifications par le Congrès et non par une consultation référendaire comme le prévoit l’article 89 de notre Constitution.

Des textes et des recommandations sur ces sujets et ces propositions existent de longue date et ces discours manipulateurs et irresponsables sont toujours sans lendemain ; ils pouvaient être supportés naguère, certes difficilement, mais aujourd’hui ils sont intolérables et leur relais médiatique est tout aussi coupable : chacun a le droit de s’exprimer, mais offrir ainsi au quotidien ces caisses de résonance est en soi condamnable. Ceux qui les prononcent le savent, ils bonimentent. Ces « propositions » ne sont pour beaucoup avancées qu’à des fins de propagande médiatique.

Cependant, aucune proposition concrète n’est évoquée pour que la France respecte vraiment ses engagements internationaux en matière de lutte contre les États responsables du financement du terrorisme ou du soutien à ce financement, actions qui participent au maintien de leurs dictatures et qui sont à la source de tous les crimes que les terroristes commettent.

Ce manquement constitue une motivation forte de cette demande de saisine de la Cour pénale internationale. Nous demandons à ces responsables, qui omettent l’essentiel et qui manipulent les citoyens, qu’ils se taisent, qu’ils partent, qu’ils disparaissent de notre paysage politique, c’est le meilleur service qu’ils rendront aux Français. Par de tels propos ou de telles « omissions », ils ignorent ou feignent d’ignorer que des moyens juridiques internationaux et nationaux existent déjà, à la mise en place desquels la France à pourtant contribué ; leurs discours ne seraient-ils donc encore qu’une manipulation de plus envers le peuple français ? Rappelons à nos « responsables » larésolution 1373 (2001) de l’ONU qui demandait notamment aux États Membres de prendre les mesures telles que :

« Ériger en infraction le financement du terrorisme ;

Geler sans attendre tous les fonds des personnes impliquées dans des actes de terrorisme ;

Interdire que les groupes terroristes reçoivent un soutien financier quel qu’il soit ;

Ériger en infraction dans le droit interne l’apport d’un appui, actif ou passif, au terrorisme, et traduire les coupables en justice. »

Rappelons leur l’Article 421-2-2 du Code pénal créé par Loi n°2001-1062 du 15 novembre 2001 – art. 33 JORF 16 novembre 2001 qui dit bien :

« Constitue également un acte de terrorisme le fait de financer une entreprise terroriste en fournissant, en réunissant ou en gérant des fonds, des valeurs ou des biens quelconques ou en donnant des conseils à cette fin, dans l’intention de voir ces fonds, valeurs ou biens utilisés ou en sachant qu’ils sont destinés à être utilisés, en tout ou partie, en vue de commettre l’un quelconque des actes de terrorisme prévus au présent chapitre, indépendamment de la survenance éventuelle d’un tel acte. » Des États avec lesquels notre État français collabore en sont coupables et nos dirigeants le savent depuis des années.

Le Conseil de Sécurité a depuis lors adopté la Résolution 2199 (2015) à sa 7379ème séance le 12 février 2015 à l’encontre de « Daech » alias « EI », rappelant notamment qu’il est interdit de mener toute activité susceptible de mettre des fonds et des ressources économiques à disposition de ce groupe terroriste et maffieux qui se prétend être un « État ». Nulle conséquence n’en a été tirée en ce qui concerne certains États dont nos responsables ne peuvent pas ignorer les pratiques de soutien financier au terrorisme (à moins de faire preuve d’une lourde incompétence qui les discréditerait), États avec lesquels nous maintenons malgré ce constat d’étroites relations.

Faits relatifs au financement du terrorisme par certains États

Dans son rapport d’activité 2014, la cellule française de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement des activités de terrorisme « Tracfin » nous affirmait qu’elle « participait pleinement à l’effort de lutte contre la fraude et que son efficacité était indispensable pour accompagner les politiques publiques visant à restaurer la confiance démocratique. » Cette cellule y précisait déjà que « L’actualité nous a aussi rappelé que l’argent, licitement ou illicitement obtenu, était l’outil nécessaire à l’action des groupes terroristes, dont la menace s’est dramatiquement matérialisée sur notre territoire au cours des premières semaines de l’année 2015. » Mais ce rapport alertait aussi nos autorités : « Le renseignement financier ne saurait être, à lui seul, la réponse à une telle menace. » Ce sous-entendu à l’adresse des responsables politiques est lourd de sens.

Nul « responsable » ne peut ignorer, grâce aux informations des services de renseignements, qu’à côté des flots d’argent illicites les caisses des différentes formations terroristes sont abondées par des États qui jouent sur plusieurs tableaux pour des motifs intérieurs ou régionaux : ces États sont cités dans nombre de rapports dont nos gouvernants disposent depuis de longues années. Ces États s’avèrent être pourtant, selon nos « responsables », nos « amis », nos alliés, ils sont nos fournisseurs, nos « partenaires commerciaux ». Nos responsables ne veulent pas, pour diverses questions dites « d’intérêts », en faire des « ennemis » ni même les mettre formellement en accusation. Ces « intérêts » nous conduisent en réalité à la mort. Nous devons donc, nous citoyens français libres, confrontés aux drames que nous vivons, exiger d’eux, qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils aspirent à y revenir, la cohérence. Il devient criminel de leur part de masquer l’inaction publique, voire la complicité avec ces États, derrière de soi-disant « intérêts supérieurs de l’État ».

Les preuves de l’action des États criminels ont bien été apportées même si leurs dirigeants affirment haut et fort ne pas contribuer au financement du terrorisme. Elles sont connues en France. Ainsi, et ce n’est qu’un exemple, en décembre 2013, le gouvernement américain a cité un homme du nom de Abd Al-Rahman ben Umayr Al-Nuaymi, ressortissant Qatari, parmi sa liste de terroristes officiellement recherchés par ses services. Abdulrahman al-Nuaymi a été placé sur placé sur la liste des responsables du financement du terrorisme non seulement par les États-Unis mais aussi par les Nations-Unis et par l’Union Européenne. Selon ces services, ce Nuaymi aurait “ordonné le transfert de près de 600 000 dollars à Al-Qaida par l’intermédiaire des représentants du groupe terroriste en Syrie”. Or ce Nuaymi était encore récemment conseiller pour le gouvernement du Qatar et membre fondateur d’une grande organisation dite « caritative » liée à la famille royale, la Fondation « caritative » du cheik Eid ben Mohammed Al-Thani.

Les relations de la France avec le Qatar sont nombreuses, mais comment peut-on encore justifier que nos responsables coopèrent avec cet État de longue date et que les gouvernements français successifs, comme bien d’autres, laisse par exemple organiser par ce pays sans réagir une grande manifestation sportive internationale ?

Au titre de la présente demande de saisine de la Cour pénale internationale, nous proposons de bien vouloir considérer, parmi d’autres témoignages l’ouvrage de Jean-Loup Izambert « Tome 1 : L’État français complice de groupes criminels » paru le 26 septembre 2015 (IS Éditions) qui met en cause de nombreux dirigeants politiques français de toute tendance politique, depuis les années 80 jusqu’à nos jours. Les faits démontrant les échanges politiques avec cet État du Qatar sont multiples : nos hommes et nos femmes politiques s’y succèdent. Parmi les personnages politiques qui séjournent à Doha et y rencontrent des dirigeants on peut citer M Dominique de Villepin, M Bertrand Delanoë, M Philippe Douste-Blazy, Mme Rachida Dati, Mme Ségolène Royal, Mme Fadela Amara, M Claude Guéant, envoyé spécial de M Nicolas Sarkozy , M Jean-Louis Debré, M Gérard Larcher, M Hubert Védrine, M Frédéric Mitterrand, M Hervé Morin, M Jean-Pierre Chevènement, M Dominique Baudis, M Jack Lang. Les visites et entretiens bilatéraux sont fréquents. Le Président de la République s’est rendu en visite officielle au Qatar les 22 et 23 juin 2013.

Après avoir été reçu à l’Élysée le 21 septembre 2013 pour une visite de travail consacrée à la situation en Syrie, l’Emir Tamim a choisi la France pour effectuer sa première visite officielle dans un pays de l’Union européenne, les 23 et 24 juin 2014. Le Président de la République s’est rendu à Doha le 4 mai 2015, à l’occasion de la signature des contrats liés à l’acquisition de vingt-quatre avions de combat Rafale. Son entretien avec l’Émir a été l’occasion de confirmer notre « grande convergence de vues sur les questions régionales ».

Pourtant, d’après les rapports sur le terrorisme du département d’État américain, la vigilance du Qatar au sujet du financement du terrorisme est dite “inexistante”. Certes, il y existe des lois réprimant le blanchiment d’argent et le financement des organisations terroristes mais leur mise en application est “aléatoire” et marquée par de “graves carences”. Par ailleurs, les preuves des liens du gouvernement qatari avec les extrémistes (dont certains ont réussi à lever des fonds alloués par la suite à l’EI) sont irréfutables et connues par les autorités françaises. « Entre huit et douze personnalités éminentes au Qatar ont récolté des millions de dollars pour les djihadistes » avait affirmé un diplomate.

Sans les financements importants que l’EI alias Daesh a reçus de certains individus au Qatar, mais aussi d’autres dictatures avec lesquelles nos gouvernants ont passé des accords, il n’aurait pas été possible à cette armée terroriste de se développer de la sorte. Ainsi, le gouvernement américain a également révélé l’identité d’un terroriste du nom de Tariq Al-Harzi, chargé par l’EI d’accueillir les nouveaux combattants étrangers et de les équiper d’armes légères avant de les envoyer en Syrie. Il était “responsable des combattants étrangers venus du Royaume-Uni”. Selon le département du Trésor américain, Tariq Al-Harzi « a permis à l’EI de recevoir 2 millions de dollars d’un intermédiaire financier de l’EI basé au Qatar, à condition que cet argent soit affecté uniquement à des opérations militaires. L’intermédiaire financier basé au Qatar avait également recruté cet Al-Harzi pour lever des fonds au Qatar. »

Les autorités de Doha peuvent rétorquer qu’il s’agit d’individus privés et non du gouvernement. Mais tout État et tout particulièrement une dictature du Golfe a les moyens d’empêcher ce genre de pratique, à condition de le vouloir ou de ne pas en être le complice. Nos responsables politiques le savent, les lois nationales et internationales existent bien pour condamner et sanctionner ces pratiques mais nos responsables ne les invoquent pas, pire, ils coopèrent. Combien faudra-t-il encore de victimes françaises innocentes, de familles meurtries, de « journées de deuil nationales » pour que nos dirigeants retrouvent la raison ? Si eux-mêmes sont ou ont été coupables de collaboration, voire de corruption, alors ils doivent également répondre en justice de leurs actes. Évoquer « l’islam », la fermeture de mosquées, les bracelets électroniques, la « Garde nationale » et jusqu’à la modification de notre Constitution sans doute sans aucune consultation des citoyens dans ces conditions est donc dérisoire, évite de porter l’attention sur ce qui fait que des armées terroristes mafieuses existent grâce au soutien financier d’États criminels et démontre à l’évidence une volonté manifeste de masquer aux citoyens français les incohérences voire les collusions de nos responsables avec ces États.

Face à ces incohérences de nos dirigeants de tous les partis politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition ou à leur silence coupable, le pouvoir de gouvernance et l’exigence de justice doivent revenir à des femmes et à des hommes libres et responsables, c’est-à-dire aux citoyens français qui, hors des manœuvres des partis, sont tous victimes de ces fautes. Chaque citoyen doit donc en appeler à la justice et la possibilité qu’elle a d’en référer aux instances judiciaires internationales compte tenu de l’implication avérée de dirigeants d’États étrangers dans l’organisation du terrorisme qui nous frappe.

L’exigence de justice au niveau international

C’est donc à nous, femmes et hommes libres du peuple français, d’agir en demandant justice, c’est à nous de nous exprimer, d’exiger de refonder librement nous mêmes nos institutions qui ont été dévoyées par les partis, de préparer et de décider de notre nouveau contrat social. C’est à nous de protéger nos droits individuels et collectifs, nos libertés, nos vies, car nos « représentants » actuels et les responsables de tous les partis ont manifestement échoué. Ils ont échoué sans doute par cupidité, par soif de pouvoir et incompétence, par mépris des hommes et de femmes qu’ils ont manipulé pour les dominer, par complicité objective avec les véritables responsables de ces crimes. Femmes et hommes libres, c’est nous qui formons l’unité de la nation. Nous nous rassemblons pour résister contre l’oppression que les responsables publics issus des partis politiques n’ont pas su prévenir et dont ils sont complices depuis des décennies.

Nous ne voulons plus de ces humiliations et de ces crimes, nous ne voulons plus de ces dictateurs d’États criminels sur notre sol, nous ne voulons plus des partis et des « représentants » de notre pays qui les acceptent et qui sont de ce fait leurs complices objectifs. Nous ne voulons plus de cette complicité coupable de nos dirigeants au prétexte de diplomatie et de commerce. Nous reprenons notre Souveraineté. C’est la raison pour laquelle, avec respect mais avec toute l’urgence et la détermination que la situation de notre pays exige, nous demandons que justice nous soit rendue.

Tous les citoyens français sans exception sont victimes de cette agression majeure qui, outre les traumatismes qu’elles infligent aux enfants, aux familles touchées par ces crimes, porte atteinte à la souveraineté politique de la nation, à sa dignité, en violant les principes fondamentaux de la République et porte atteinte à la souveraineté du territoire par les contraintes de sécurité qu’elle impose et qui réduisent l’expression des droits et des libertés.

En qualité de citoyen français, je vous demande avec déférence, Monsieur le Procureur de la République, de saisir dès à présent la Cour pénale internationale en vertu de l’article 15 de ses statuts et conformément aux articles 5, 7 et 8, pour crimes d’agression, crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés contre toutes les femmes et tous les hommes de France et contre toutes celles et tous ceux que la France accueille, à la suite des actions, sans que cette liste soit exhaustive, « d’attaques lancées contre une population civile », « de prises d’otages », « de planification, de préparation, de lancement et d’exécution par toute personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un État, d’actes d’agression qui, par leur nature, leur gravité et leur ampleur, constituent une violation manifeste de la Charte des Nations Unies », actions « de direction intentionnelle d’attaques en sachant qu’elles causeront incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil, de direction intentionnelle des attaques contre des bâtiments consacrés à la religion, à l’enseignement, à l’art, à la science ou à l’action caritative », « de contrainte de nationaux à prendre part aux opérations de guerre dirigées contre leur pays », actions commanditées et financées sous la responsabilité d’États étrangers puis engagées et exécutées sur le territoire français en 2015, en particulier le 7 et le 8a janvier, le 13 janvier, le 3 février, le 19 avril, le 26 juin, le 13 juillet, le 21 août et ce 13 novembre 2015 par sept attaques simultanées. Cette demande de saisine de la CPI est soumise respectueusement à votre décision pour être engagée à l’encontre des États commanditaires ayant contribué de quelque manière que ce soit au financement, à la préparation comme à l’exécution de ces crimes et par ceux qui ont été, directement ou indirectement, leurs complices.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur de la République, l’expression de ma très respectueuse considération.

Signature


[1] Références : Statuts de la CPI http://legal.un.org/icc/statute/french/rome_statute%28f%29.pdf

Instruments de l’Organisation des Nations Unies contre le terrorisme http://www.un.org/fr/terrorism/instruments.shtml

Code pénal français, Partie législative Livre IV : Des crimes et délits contre la nation, l’État et la paix publique Titre II : Du terrorisme

Douleur d’espoir

 

Familles en deuil, ami(e)s en peine, larmes de millions de français,

Assassins, vous avez touché notre peau, écorché et tué nos corps.

Vous croyez faire un maelström de notre matrice, la France.

Erreur, car ressurgit notre âme issue des lumières de la fraternité.

Notre terre de toutes ethnies a fait une nation en plein accord.

Ses valeurs, sa république, sa culture sont d’indestructibles semences !

Crime économique = crime contre l’Humanité (écrit le 16 novembre 2013)

On a tort de croire que le capitalisme arrive à sa fin comme je l’entends d’ici et là. Cela est totalement faux. Son essence même est la destruction créatrice selon l’économiste autrichien Schumpeter, et le nazisme n’en a été que l’extrémisme avec sa guerre permanente cher à l’auteur de « Mein Kampf ». Le socialisme et le communisme ont aussi leur extrémisme avec la déportation et l’élimination de millions de gens dans les goulags ou selon Pol pot au Cambodge. Aussi d’autres extrémismes de tous bords que l’on a vu dans la Guerre des Balkans ou encore au Rawda où l’Allemange et la France ont leur part de responsabilité. D’autres responsabilités sont dans les guerres de moyennes intensités depuis 1945 où les thèses de la guerre permanente ont été traduites autrement et économiquement par le capitalisme et le socialisme d’État pour s’accaparer les ressources énergétiques et/ou maintenir leurs prérogatives territoriales. D’autres exemples sont dans le pouvoir pris par l’économie islamique et les extrémistes religieux qui sont arrivés au pouvoir en Iran, en Turquie, en Égypte, en Tunisie, aux Maroc. D’autres pensées extrémismes et politiques de droite sont arrivés culturellement au pouvoir en Hongrie, en Grèce, en Hollande, en Espagne, dans toutes l’Europe y compris en France partout dans le monde resurgissent ces extrémismes. Et effectivement « le corporatisme fasciste (…) rural et industriel, de droite et de gauche est à la fois une manière de faire passer l’américanisme-fordisme à travers un compromis entre le grande industrie (profit) et la propriété terrienne traditionnelle (rente) (je rajouterais du patrimoine en général) et un frein, voire un antidote à l’américanisme. »[1] (p.156)

Faire un crime contre l’Humanité un crime économique me semble très paradoxal et non productif pour la souveraineté des peuples et leurs émancipations. La cour pénale Internationale suite logique du procès de Nuremberg doit rester un tribunal d’exception pour le jugement des crimes contre l’humanité et s’il y a crimes économiques, avec leurs dérives guerrières, ils sont et deviennent crimes contre l’humanité. Ces dérives vont à l’encontre de la souveraineté des peuples. Les États unis mondiaux et la citoyenneté mondiale sont un piège et une utopie chère à l’oligarchie financière internationale dont le but ultime est le marché mondial d’où une nécessaire dé-régularisation des États. L’existence de puissances économiques plus puissantes que les lieux où s’exerce la démocratie, conduit à la défaite constante du sujet collectif  et cela est conforté par la capacité qu’a le sujet individuel à se couler comme le dirait La Boétie dans “la servitude volontaire”.

La richesse de l’humanité est sa diversité, ce qui est son bien aussi. Pour moi, travailler à ce bien, reste le combat culturel à mener contre les extrémismes pour l’émancipation de ses peuples et la sauvegarde des leurs traditions et civilisations.

La France est un lieu géographique où dès le néolithique de multiples ethnies d’origines différentes sont venues s’installer. Cela pour se sédentariser et cela n’a fait que continuer jusqu’à aujourd’hui n’en déplaise à l’arrogance pétainiste de l’action française. Et de fait, de ce mélange, cette arrogance est ancrée dans notre culture et dans une partie de notre peuple à droite comme à gauche. Ce lieu géographique est une Nation que je qualifierais de bouillon de culture d’où a surgi l’esprit des lumières en Europe. C’est pour cela que je prône une relance de l’Éducation populaire au niveau national, européen et mondial, plutôt qu’un tribunal de plus pour crime économique qui n’est qu’inclus dans les crimes contre l’humanité par la violence destructrice permanente du capitalisme.

En France dans les temps qui courent, avec le nouveau gouvernement, il ne faut pas rattacher l’éducation populaire aux sports. La base culturelle de l’EP étant de lutter dés 1946 contre l’avilissement de la jeunesse et l’embrigadement de celle-ci par les thèses fascistes à venir, l’EP est toute autre chose que ce que l’éducation sportive ne peut faire dans le combat idéologique qui est à mener. En effet, contre les thèses de l’extrême droite et des intégrismes qui gangrènent nouvellement et sociologiquement la société depuis trente ans l’EP devrait avoir au sein du ministère une autonomie distincte du sport. Elle serait d’ordre éducatif et culturel, en recours, à côté et complémentaire à l’Éducation nationale pour juguler la résurgence de ces extrémismes politiques, culturels et cultuels. Il faut montrer à l’Europe et au Monde le chemin à prendre dans ce combat. Autrement dans cinq ans un autre Sarkozy ou une autre Le Pen sera au pouvoir en France et en Europe en utilisant les contradictions et les antagonismes que le nouveau gouvernement social démocrate français aura provoqués par absence d’intervention en ce sens et ce, dés la maternelle.

Avec 18 % à Le Pen, son plus haut score d’extrême droite pour une élection présidentielle depuis 1945, il y a danger pour notre pays, l’Europe et le monde. Le Havre au 19e siècle a été en avance sur la laïcité qui a conduit à la loi de 1905. Pourquoi ne pas travailler à un renouveau de l’Éducation populaire pour instruire une loi, à côté de la laïcité, sur cette éducation formant tous citoyens aux valeurs de la République à côté de l’Éducation nationale pour exclure l’avilissement de ces valeurs par l’extrémisme dont Sarkozy et Marine Le Pen en sont les nouveaux artisans. On la vu ces dernières semaines.

Pour un travail sur l’Universalisme français et européen des lumières.

Armand LEGAY

16 novembre 2013


[1]Modernité de GRAMSCI ? : Sous le Direction de Tosel André, actes du colloque franco-italien de Besançon 23-23 novembre 1989. ALUB n° 481. Diffusion des belles lettres, Paris VI, 1992, 509 pages.