Raison de mon désabonnement au Magasine Marianne

 

Lettre à la direction de Marianne

Madame, Monsieur

Par la présente je vous demande de me désabonner de votre magasine qui est devenu petit à petit partisan et n’est plus objectif comme autrefois et que j’appréciais.

Voici la dernière raison qui me fait prendre cette décision :

Cet extrait de l’éditorial de Jacques Juliard du n° 1050-1051 du 9 au 18 mai 17  est la preuve de votre parti pris et de votre idéologie depuis plusieurs mois:  « S’il devait subsister une seule image du cauchemar présidentiel que nous venons de vivre, ce serait sans conteste celle où la fausse princesse du conte, démasquée par le chevalier blanc, se transforme sous nos yeux médusés en une horrible mégère, les traits convulsés par la haine, la bouche tordue, vomissant des torrents de crapauds, de scorpions et de couleuvres. Ceux et celles qui à cet instant précis, ayant d’abord décidé de s’abstenir, voire de voter Le Pen, n’ont pas sur-le-champ retourné leur position, écœurés par tant de bassesse, sont, permettez-moi de le dire poliment, des jean-foutre ou, pis que cela, des idéalistes. »

Comme M. Macron vous faites de celle-ci « La grande prêtresse de la peur ». J’ai appris par mon éducation morale et citoyenne que l’on ne dit pas cela de son pire ennemi. Vous combattez l’extrémisme en utilisant les mêmes anathèmes que celles que vous combattez, plutôt que par la culture. Non seulement vous outragez  le symbolisme du mot « Marianne », mais vous utilisez une phraséologie insultante à l’égard de vos lecteurs qui se sont abstenus ou ont voté blanc à ces dernières élections mais aussi ceux qui peuvent avoir votés MLP du Front National. Vous vous ressemblez. Que cherchez vous donc, la paix ou la guerre ?

Je vous rappellerai que concernant l’instrumentalisation du FN, le tournant décisif est pris en mars 1983, avec la politique de rigueur. Le Président Mitterrand qui a sabordé l’éducation populaire issue du CNR revient sur ses engagements économiques.  Il ouvre la voie à un processus de privatisations après les nationalisations de début de mandat. Les marchés financiers sont partiellement dérégulés. La plupart des entreprises qui ont été nationalisées entre 1981 et 1984 seront privatisées sous le gouvernement Jacques Chirac entre 1986 et 1988 ; on peut considérer qu’à partir de 1984, la France quitte un fonctionnement économique étatisé (le capitalisme monopoliste d’état mis en place par De Gaulle) et adopte davantage un fonctionnement d’économie  de marché au service de la finance ; ce qui va favoriser  un « lumpen-prolétariat » par l’accroissement systématique du chômage et la destruction du lien social. En même temps, Mitterrand permet au Front national d’avoir pignon sur la place politique lui qui était à 0,2 % :

« Sur les conseils de Michel Charasse, François Mitterrand signe, le 22 juin, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen: « Il est regrettable que le congrès d’un parti soit ignoré par Radio-Télévision. […] Elle ne saurait méconnaître l’obligation de pluralisme qui lui incombe […]. L’incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d’ores et déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m’avez saisi. »

Au cours d’un point de presse organisé peu après, Michel Collinot salue, au nom du Front National, la « courtoisie du chef de l’État » qui a bien voulu répondre à la missive de Jean-Marie Le Pen. » (Enquête sur François Mitterand et l’extrême droite Emmanuel Faux, Thomas Legrand, Gilles Perez Le Seuil, Sept. 1994 extraits : pages 18 à 31)

Cette politique du gouvernement Fabius est voulue. En effet, favoriser les courants extrémistes est utile, comme l’a déclaré Pierre Berégovoy  en 1984 avant son suicide en 1993 : « Au parti socialiste, on a tout intérêt à pousser le front national, (…) Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattable. C’est la chance historique des socialistes ».[1]

En France, ce que l’on a connu de la Nation, de la souveraineté, de la République, de la laïcité, de l’égalité, a été mis en pâture, une soupe exquise pour les extrémismes politiques et religieux.

Cette manipulation politique n’a pas servi le nationalisme ouvert issu de la philosophie des lumières et de la Révolution que nous avons connu et qui  est en voie de disparition. Par contre, elle a favorisé et établi la progression extraordinaire et permanente de l’autre nationalisme fermé, xénophobe, raciste, fondé sur un monde en décadence et qui  croit en  l’obligation de préserver le peuple contre tous les agents de corruption. Cela va de paire en coopération entre ethnies et races de chaque nation, pourvu que ces communautés ne quittent pas leurs frontières. Cette vision extrémiste et pessimiste  de la nation, ce recentrage sur un espace géographique fermé est la résultante de  cette politique de la sociale démocratie française fédéraliste et  européenne  incluant l’ensemble des nations européennes dans un brouillon d’économie  libérale au service de l’atlantisme. Ce sont ses dirigeants qui ont fait le lit aux fascismes en Europe hier (en 1933 en Allemagne avec la République de Weimar combattant le peuple et laissant le capitalisme nourrir le national socialisme contre l’URSS), et aujourd’hui dans le monde avec l’extrémisme pseudo religieux et en France avec la montée du FN.

Depuis 1983, l’instrumentalisation du FN n’a fait que progresser à chaque élection pour maintenir le pouvoir en place et vous le savez. Vous avez de temps en temps dénoncé cela, mais rarement car cela n’est pas votre fonds de commerce.

Vous faites donc partie de ces faiseurs d’opinions qui  nous mentent en nous disant que nous sommes à un clivage, un basculement, un enterrement des vieux partis pour faire du neuf,  de la politique autrement, un renouveau. Cela est totalement faux, car il s’agit d’une stratégie  politique réfléchie scientifiquement et psycho-sociologiquement depuis 35 ans par les professionnels de la politique.  M. Macron en est un !

Recevez mes salutations distinguées.

Armand LEGAY

La Nation en danger

 

La Nation en danger

Notre Nation en tant qu’être et corps social est malade et en danger. En 40 ans de pouvoir voilà ce que les professionnels de la politique et tous les partis  ont réussi : la liquidation de notre pays sur l’hôtel de la finance. Les faiseurs d’opinions nous disent que nous sommes à un clivage, un basculement, un enterrement des vieux partis pour faire de la politique autrement, un renouveau. Effectivement le débat Macron-Lepen du mercredi 3 mai 2017 en est la preuve.  L’invective, l’insulte, le mensonge voilà ce qui était surtout présent, autant chez l’une que chez l’autre de manières différentes. Ils ont montré par leurs programmes et leurs hargnes continus le délitement de la France. Aucun  d’eux n’est à l’image de notre pays, de son histoire et de  la souveraineté comprise  et nécessaire à notre Peuple. Pour moi cela sera le vote blanc contre cette élection présidentielle (dont je veux la suppression) qui est un outil de soumission du peuple !b_1_q_0_p_0

La suite et les législatives feront que chaque député.e rentrera dans un moule formateur et deviendra à son tour un ou une professionnelle de la politique. Pour s’en rendre compte, il suffit d’analyser les carrières de celles et ceux qui sont déjà passés par là. A part quelques exceptions…, ils n’ont jamais démissionné en bloc, à ce que je sache !

Le seul renouveau dans tout cela, c’est l’utilisation des extrémismes religieux et politiques. Pour ces élections  c’est le FN. Une hydre, un épouvantail de la Haine élaborée historiquement depuis 1983 par Mitterrand, le PS et ses instances actuelles, Hollande compris pour rester au pouvoir, pour en faire comme l’a dit Macron de MLP lors de ce débat : « la grande  prêtresse de la peur » afin de manipuler les masses dans cette continuité néolibérale historique et mettre au pouvoir  à la tête du pays, un homme en collusion avec la finance internationale. Tous les partis, peu ou prou,  ont cautionné cela !

Malgré ces temps sombres c’est de cette Nation pour autant dont nous devons être fiers par son histoire. Cela a commencé, non pas à l’époque de Jeanne d’Arc, mais dès le néolithique par des conquêtes et guerres pour le contrôle de futurs territoires qui ont fait la géographie de la France. Cet être qu’est notre Nation subissant le règne de vieilles conventions d’avant 1789 et des puissances économiques capitalistes issues du 19éme siècle que l’on croit modernes fait qu’il est inévitable que se produise une éruption « déstruction-construction » de forces politiques qui respectent ou ne respectent pas la vie et le sens commun. En ce sens, il y a explosion et bouleversement (révolution ou contre-révolution) qu’en tant que phénomène de masse ; mais ce phénomène psychique (négatif ou positif) ne l’est pas dans la tête d’une majorité d’individus (pour l’instant) qui se soumet consciemment ou inconsciemment à ces puissances supérieures et met son pouvoir à leur service. Cela fait partie de ce corps social et de sa culture (avec ses contradictions et antagonismes) qu’est la France. Ira-t-on vers des conflits graves ou vers  le vivre ensemble ?

Tout dépendra de la manipulation de l’opinion par les mass-médias et les professionnels de la politique.

Pour notre respect et notre souveraineté, partisans de la paix pour une vie meilleure travaillons à un nouvel espoir : Une autre constitution du peuple, par le peuple et pour le peuple pour tous et toutes  les citoyen.nes de l’arc républicain en excluant tous les professionnels de la politique qui nous ont mis dans cette chienlit.  Il nous faut à coup sûr une éducation populaire performante du XXIe siècle associée au symbolisme national par  un combat éducatif laïc et social. Former des citoyen.nes du futur et construire un large consensus est un enjeu majeur en ce qui concerne l’élaboration et la transformation par les citoyen.nes, des institutions de la République et de leurs contenus et ainsi réinventer une véritable démocratie nationale.

C’est un devoir pour que notre Nation telle que définie à l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 perdure : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » L’hérédité royale est devenue  ainsi par cet article l’hérédité du Peuple ! Cet héritage nous appartient !

 

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