Contrat social pour une formation citoyenne et professionnelle, nationale et transnationale (4éme partie)

Annexe

1- Québec

Le Regroupement des organismes volontaires d’éducation populaire (ROVEP)

Les origines du ROVEP remontent à 1978 alors que se vivent au Québec, depuis 1974, les premiers efforts de concertation des forces vives de l’éducation populaire. Son existence légale date de 1980.

Une première spécificité du ROVEP s’affirme : axer ses interventions éducatives sur le développement personnel et familial, sur l’éducation à la citoyenneté.Dès sa naissance le ROVEP identifie trois besoins originaux :

  • regrouper des organismes préoccupés de ressourcement continu, d’engagement communautaire et d’action de groupe;
  • assurer à ses membres une entraide en vue d’interventions plus efficaces auprès des diverses instances préoccupées par l’éducation populaire;
  • faire la promotion d’une idéologie de l’éducation populaire qui tienne compte de la spécificité des organismes membres.

Comptant sur un « membership » de plus de 125 membres, regroupant plus de 2 000 organismes locaux ou régionaux, intervenant dans l’ensemble du Québec, le ROVEP poursuit son développement. Il veut représenter l’expression consciente du désir de se prendre en main par l’individu soucieux de son développement personnel, familial et collectif.

Comme organisme de regroupement, le ROVEP vise à défendre l’universalité de l’éducation populaire autonome et veille à ce que les organismes accomplissent leur mission spécifique dans un environnement le plus efficace possible. Il favorise également la connaissance mutuelle, la concertation, l’action commune et la collaboration entre ses organismes membres pour les soutenir dans leur préoccupation de promotion personnelle et familiale, de qualité de vie et d’engagement social.

Afin de réaliser sa mission et atteindre ses objectifs généraux, le ROVEP utilise différents moyens d’action, relevant le défi de couvrir l’étendue du territoire québécois avec des ressources limitées. Pour en nommer quelques-uns, mentionnons les rencontres générales statutaires et occasionnelles de ses organismes membres, des consultations selon les besoins, des interventions et pressions auprès des instances gouvernementales et autres, une attention soutenue à toute évolution, modification, démarche, projet concernant l’éducation des adultes et plus particulièrement l’éducation populaire, un programme de formation touchant plusieurs aspects de la vie des bénévoles engagés dans les organismes d’éducation populaire autonome.

Ainsi, afin de jouer pleinement son rôle de représentation, le ROVEP a participé, entre autres :

  • à la Commission d’étude sur la formation des adultes;
  • au Comité national de révision du programme d’aide aux organismes volontaires d’éducation populaire;
  • au Comité provincial sur l’éducation populaire dans les commissions scolaires;
  • au Comité de liaison mis sur pied par le ministère de l’éducation;
  • aux États Généraux sur l’Éducation;
  • à la consultation sur le projet de politique de formation continue;
  • à la consultation sur le projet de politique de reconnaissance et de soutien à l’Action communautaire.

Ressources (INJEP Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire, France) :

2- Japon

Au Japon, on utilise la terminologie « éducation sociale » à la place d’éducation populaire. Cette éducation sociale a de nombreuses caractéristiques communes avec l’éducation populaire d’autres pays :

  •  influence des mouvements sociaux,
  • contrôle de l’Etat,
  • rôle des associations,
  • développement de l’individualisme,
  • privatisation etc.

L’éducation populaire au Japon est très fortement dépendante des pouvoirs publics, et la sphère de la société civile ne s’y est développée que très tardivement. Cette situation peut s’expliquer en faisant un détour par l’histoire. En effet, à la fin du 19ème siècle, l’éducation sociale, qui se distingue clairement de l’éducation nationale ou scolaire, est destinée à soutenir l’Empire. Puis durant la seconde guerre mondiale, cette éducation sociale est utilisée à des fins d’endoctrinement et de mobilisation de la nation japonaise. Avec le passage de l’empire à la démocratie, l’éducation populaire est prise en compte à l’intérieur d’une loi cadre pour l’éducation. Actuellement la loi cadre de l’éducation est rediscutée. On y retrouve deux tendances simultanément ; d’une part une orientation vers le libéralisme économique, d’autre part, une orientation de démocratie éducative qui s’est constituée en même temps que la démocratie s’installait dans la société japonaise.

Le « kominkan » est une sorte de Maison de Jeunes et de la Culture. Il en existait 18.000 en 2004, alors que le Japon compte 2700 bibliothèques, 1100 musées, 12000 collèges. Le kominkan (dont le règlement a été défini en 1946) a été pensé comme un lieu de proximité, avec une dimension de lieu de résolution des problèmes de la communauté, processus permettant un apprentissage à partir de ces problèmes. Mais selon l’auteur, les kominkans qui ont eu beaucoup de succès dans les années 80, ont perdu de leurs forces. Deux raison peuvent l’expliquer ; la période pendant laquelle les personnels de l’administration en assuraient en partie le fonctionnement (et non des spécialistes de l’éducation) et la privatisation de ces centres. D’autre part, la loi de 1988 sur les ONP (Organisations non profitables) qui sont l’équivalent japonais des « organisations non lucratives » a permis de mettre en place un cadre légal pour la vie associative. Mais la situation japonaise reste divisée en plusieurs courants qui s’opposent :

1)     le courant de privatisation (désengagement de l’Etat auprès des communautés locales, privatisation du champ public de l’apprentissage) Parcours ETAT

2)     le courant en faveur de l’affermissement du contrôle de l’Etat sur l’apprentissage ; mouvement attendant de l’Etat des engagements et des initiatives pour former l’identité nationale dans le contexte de mondialisation (crainte de la perte de l’unité de la nation japonaise)

3)     le courant de la formation de l’individu autonome : la loi sur les ONP est le signe d’une société moderne au Japon mais ce changement a induit de nouveaux problèmes (tension entre une dimension individuelle comme autonomie / et une dimension du privé synonyme de possession et de propriété).

Ressources (INJEP Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire, France) :

  • Makoto Suemoto, 2005, Quelle voie nouvelle pour l’éducation populaire au Japon ? Revue Pratiques de Formation – Analyses, n° 49 : Les pratiques contemporaines de l’éducation populaire pp 67-77.

3- Allemagne

En Allemagne, il existe une tradition de VolksHochSchulen (universités populaires) financées par les Länder et pratiquement chargées d’un service public d’éducation des adultes depuis la loi de 1970. Les moyens dévolus à ces Universités Populaires allemandes étaient (et restent encore, mais dans une moindre mesure) extrêmement importants. Il y aurait un millier de VolksHochSchulen en Allemagne.

Au 19ème siècle, l’éducation populaire en Allemagne est divisée entre une conception révolutionnaire et une conception bourgeoise. C’est cette deuxième conception qui va l’emporter. A partir de là, plusieurs initiatives vont voir le jour dans le but de combler l’écart entre les classes cultivées et le peuple. Création d’une « Société pour l’extension de l’éducation populaire » qui va soutenir les associations, création des bibliothèques populaires et à partir de 1919 vont naître les premières universités populaires : les VolksHochSchulen (VHS) qui seront institutionnalisées sous la république de Weimar et supprimées par le régime nazi. Comme en France, il y a eu un renouveau du mouvement d’éducation populaire après la guerre avec l’idée de reconstruire le pays et de faciliter la réintégration dans la nation.

Ressources  (INJEP Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire, France) :

  • Site regroupant toutes les Volkhochschulen allemandes : http://www.vhs.de/
  • « Apprendre avec plaisir. Refonder des relations sociales. L’éducation des adultes en défis ». Denis Rambaud et Marc Jeannerat. Chronique sociale, Lyon, novembre 99.

4-Belgique

En Belgique, l’éducation populaire est liée au monde du travail et au mouvement ouvrier, beaucoup plus qu’en France, depuis le 19ème siècle. Dans les années 70, l’analphabétisme pousse les mouvements ouvriers àParcours ETATréinvestir la formation populaire. A la même période, le projet d’éducation permanente va se développer et être reconnu par l’Etat.

On parle donc plus couramment d’éducation permanente en Belgique, bien que ce champ ne recouvre pas complètement celui d’éducation populaire. La Belgique a deux programmes de financement des organismes volontaires d’éducation des adultes pour sa population francophone. Le premier s’adresse à des organisations d’éducation permanente à buts exclusivement culturels et le second, a des organisations de promotion socioculturelle des travailleurs.

Il existe au sein du ministère de la Communauté française de Belgique, un « Service de l’éducation permanente » (source : http://www.educperm.cfwb.be).

« Le service de l’Education permanente a pour missions de soutenir et promotionner les actions et les organisations d’éducation permanente et de loisirs culturels, les centres d’expression et de créativité, ainsi que la vie associative et le développement de la citoyenneté, par divers biais : le subventionnement structurel des associations reconnues, ainsi que leur subventionnement ponctuel sur projets et celui d’associations non reconnues, le subventionnement de programmes de formation des cadres culturels, les questions liées au développement de la citoyenneté et de la démocratie par le biais de l’action culturelle, et les questions relatives à la dimension culturelle des phénomènes de société, les questions relatives à la multiculturalité et à l’interculturalité, les questions relatives à la solidarité entre les générations et à l’intergénérationnel, la réalisation de publications, le développement de partenariats et de réseaux internationaux. »

Ressources (INJEP Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire, France) :

5-Suède

En Suède, l’éducation populaire (Folkbildning) est centenaire et le cercle d’étude en est la méthode principale (à côté des Ecoles Populaires Supérieures) basée sur le dialogue. Les cercles d’étude y sont toujours très actifs (350.000 cercles selon le Conseil suédois d’éducation populaire). Les cercles d’études existent en Suède depuis 1902 et, avec les organisations Parcours METHODES populaires, ont constitué le système d’éducation des adultes jusqu’aux années 60 quand l’État a accepté la responsabilité de ce secteur dans le cadre de son système d’éducation. La Suède compte 10 fédérations d’études comprenant 270 organisations membres, et 147 Ecoles Populaires Supérieures dont la plus ancienne remonte à 1868. Plus largement, on parle souvent d’un modèle scandinave d’éducation populaire. En effet, les toutes premières écoles pour adultes sont nées au Danemark. Nikolaï E.S Grundtvig poète, évêque luthérien et député au parlement danois, crée en 1844 la première « Haute école du peuple » ; dite FolkeHojskoler. Ce modèle scandinave s’appuie sur l’idée que les connaissances du peuple fondent la démocratie, sur l’importance du travail en communauté et l’éducation mutuelle. En Suède, les universités populaires sont nées en 1868. Dans toute la Scandinavie, les taux de participation des adultes à ces écoles du peuple, universités populaires, écoles populaires supérieures et autres cercles d’études sont très importants.

Ressources (INJEP Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire, France) :

Bibliographie

–        Barreswill Charles-Louis, 1861, Dictionnaire de chimie industrielle, Dezobry, E. Magdelaine et Cie, Paris, p.522

–        Bensaude-Vincent, Bruneau Bernardi, 1999, Corpus, revue de Philosophie N° 36, Centre d’Etudes d’Histoire de la Philosophie Moderne et Contemporaine, Université Paris X, 220 p.

–        Dampier, Sir William, 1951, Histoire de la science et des ses rapports avec la philosophie et la religion. Payot, Paris, 600 p.

–        Dampier, Sir William, 1951, Histoire de la science et des ses rapports avec la philosophie et la religion. Payot, Paris, 600 p.

–        Durkheim Émile, 1918, Le Contrat Social de Rousseau, Étude originalement publiée après la mort de Durkheim par Xavier Léon dans la Revue de Métaphysique et de Morale, tome XXV (1918), pp. 1 à 23 ; et 129 à 161.Une édition électronique réalisée à partir du livre d’Émile Durkheim, Montesquieu et Rousseau. Précurseurs de la sociologie, pages 115 à 198. Note introductive de Georges Davy. Paris : Librairie Marcel Rivière et Cie, 1966. Série B : Les Classiques de la sociologie. Collection : Petite bibliothèque de sociologie internationale. 200 pages. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi, Quebec. (http://classiques.uqac.ca/) 227 p.

–        Faust Jean Jacques,1998, Le Brésil, Chronique d’une Démocratisation, l’Harmattan, 175 p.

–        Gille Bertrand, 1978, Histoire des Techniques, Encyclopédie de la Pléiade, édition Gallimard, Paris, 1652 p.

–        Lupasco Stéphane, 1951, Le principe d’antagonisme et la logique de l’énergie, rééd. Le Rocher 1987, 140 p.

–        Maurin Edgar, 2011, La Voie, Fayard, Paris, 308 p.

–        Monod Jacques, 1970, Le hasard et la nécessité, édition du Seuil, Paris, 211 p.

–        Nietzsche, 1881, Aurore, 2012, Flammarion, Paris, 406 p.

–        Passet René, 1985, magasine Sciences N°1, n° 2, Février 85, Média SARL Bagnieux, 118 p.

–        Pinçon Michel, Pinçon-Charlot Monique, 2011, Le président des riches, la découverte, Paris, 287p.

–        Prigogine Ilya, 1985, magasine Sciences N°1, n° 2, Février 85, Média SARL Bagnieux, 118 p.

–        Prigorine Ilya, 2001, la fin des certitudes, Odile Jacob, Paris, 230 p.

–        Richez Jean Claude, 2010, Cinq contributions autour de l’éducation populaire, INJEP, 18 p.  (http://www.injep.fr/IMG/pdf/Richez_5contributions_educ-pop.pdf)

–        Roqueplo Philippe, 1981, Penser la technique, pour une démocratie concrète, Seuil, Paris, 250 p.

–        Rousseau Jean Jacques, 1747, Institutions Chimiques, 1999, Fayard, Paris, 365 p.

–        Rousseau Jean-Jacques, 1755, Discours sur l’économie politiques. Une édition électronique réalisée à partir du livre de Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’Éducation, (http://classiques.uqac.ca/) 35 p.

–        Rousseau Jean-Jacques, 1762, Émile ou de l’Éducation, Livre IV. Une édition électronique réalisée à partir du livre de Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’Éducation, (http://classiques.uqac.ca/) 148  p.

–        Stengers Isabelle, Bensaude-Vincent, 1993, Histoire de la chimie, La Découverte, Paris, 350 p.

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